
Il y a quelque chose de frustrant à travailler en face du Stade de France les jours de grandes manifestations. Et cela même pour les gens comme moi, que les jeux de ballon laissent de marbre, qu’il soit rond, ovale, grand ou petit.
La semaine qui précède, vous vous tapez les balances sons.
Cela peut tourner en véritable épreuve, notamment quand c’est Céline Dion qui débarque. Là, coincé dans votre bureau, vous vous dites que vraiment, non vraiment, vous n’avez rien fait pour mériter ça. La veille d’un grand match, c’est au tour de la Marseillaise de résonner en boucle.
Bref, les jours qui précèdent, il n’est pas rare de trouver toute cette agitation passablement agaçante.
Mais le jour J, ce sont les Bandas qui vous font lever le nez de votre écran, et regarder par la fenêtre. D’un coup, cet espace habituellement peu animé se remplit d’une foule joyeuse. C’est coloré, ça crit, ça chante, ça bouge.
Et plus les heures passent, plus vous avez envie de traverser la rue et de les rejoindre ces gens qui semblent si impatients de pousser les portes du Grand Stade.
En les observant, derrière la fenêtre, vous éprouvez même un peu d’émotion devant cette foule issue de tous les coins du monde qui se retrouve ici, à Saint-Denis (*), au coeur du 9-3, en plein dans cette banlieue dont on parle parfois avec mépris, que l’on décrit souvent avec ignorance et que les médias dépeignent toujours si mal.
Vue d’en face, à H-3 avant la cérémonie d’ouverture, la Coupe du monde, cela donne ça :
Au final, moi et 99% de mes collègues sommes finalement rentrés chez nous. Beaucoup ont suivi la défaite de la France à la télé.
(*) A Saint-Denis, jusqu’au 20 octobre, tous les w-e sont organisés des concerts (30 concerts gratuits), des spectacles, des retransmission de matchs sur écran géant. Cette ville si cosmopolite se métissera plus encore dans l’échange et dans la festivité.
+ Visit : Programme d’accompagnement Saint-Denis 2007++
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