PJ Harvey - Grand Rex – 16 novembre 2007

Tous les ingrédients étaient réunis pour une soirée merdique.
Bloquée en séminaire toute la journée, sans possibilité de partir à l’avance, une grève des transports et un trafic ultra saturé nous font arriver avec une demi-heure de retard après avoir passé deux heures et demi dans les bouchons.
Un placement libre dans le balcon haut (seules places disponibles au moment de la réservation) nous expulse, nous les retardataires, tout en haut, et tout au fond.
Au loin, en bas, la scène. Je ne vois ni batterie, ni basse, ni guitare.
Une légère appréhension m’envahit alors. Va-t-elle enfiler tout son dernier album toute seule au piano ? Même fan, je sais que la fatigue que je ressens à ce moment là n’y résistera pas.
Et puis, les lumières s’éteignent.
Elle arrive sur scène comme si elle sortait tout droit de la pochette de White Chalk : robe longue et foncée, les cheveux arrangés façon 19e siècle.
Au lieu de se diriger vers le piano, elle enfile une guitare et attaque, seule, avec… To Bring You My Love.
Et là, tout bascule. Je ne suis plus loin, je ne suis plus fatiguée, je n’ai plus d’inquiétude : j’y suis.
Ce concert était d’une rare intensité. Elle est restée seule sur scène pendant plus d’une heure et demie. Au piano, à la guitare, à la harpe…
Ce qui aurait pu devenir rapidement ennuyeux s’est transformé en un moment intimiste, magique, et finalement bien rythmé, où l’on passait par plein d’émotions au gré des interprétations de la dame qui enchaîne volontiers une énergie très rock, très brute, un son rugueux, à des moments de douceur, de folie, ou de déchirement.
Elle a proposé une playlist de rêve ! Ses morceaux, elle est allée les piocher dans tous ses albums :
De DRY, elle a gardé Water. De RID OF ME, elle a pris Man-sized, Snake et Rid Of Me ;
De IS THIS DESIRE ?, elle a sélectionné Angelene, My Beautiful Leah et Electric Light.
De BRING YOU MY LOVE, elle a opté pour : To Bring you my Love, Down by the Water, Send his love to me.
Big Exit représentait STORIES FROM THE CITY, STORIES FROM THE SEA, avec Horses in My Dream, en dernier rappel.
Et de UH HUH HER, elle a gardé Shame et The Desperate Kingdom of love.
Sans parler du dernier album : When Under The Ether, The Devil, White Chalk, The piano (à la guitare), Grow Grow Grow, Silence, The Mountain (j’en ai encore des frissons et des notes qui résonnent dans la tête).
C’est là que l’on se rend compte à quel point tout cela forme un ensemble d’une cohérence parfaite. Tous ces morceaux, écrits à des moments différents, dans des styles différents, pour des albums qui ne se ressemblent pas, s’emboîtent parfaitement pour raconter une belle histoire.
Ce qui m’a le plus impressionnée peut-être ? Sa voix. Je ne m’étais jamais rendue compte avant ce soir à quel point elle était maîtrisée (en Live) et constituait presque un instrument à part entière.
C’était parti pour une soirée merdique. Elle fut exceptionnelle.
EN VIDEO :
Rid Of Me :
The Devil :

je découvre votre blog ce matin en navigant sur les pages d’hotels insolites….c’est top chez vous!!! et ça change tellement de mon univers très ….enfants!!!
à très bientôt
Hello,
Cela faisait longtemps que je n’ava
… je ne sais pas pourquoi, ça a cafouillé … je disais donc que cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un article de fan aussi bien écrit. Sensible et intelligent, il donne envie d’être à coté, au balcon, à écouter PJ même si, perso, je n’ai accroché qu’à ses deux 1ers albums.
Bon week-end. @ + …
Valérie et Krissolo… merci pour vos commentaires, ça fait plaisir